| Ecrit par Micheline Bolduc, le 03-03-2008 16:53 |
| Pages vues |
509  |
|
|
|
"Des
atrocités ne sont pas moins des atrocités lorsqu'elles se passent loin des
regards des hommes et sont justifiées par la consommation humaine’’.
Personne ne peut rester indifférent devant les
reportages des émissions ‘’La semaine verte’’ et ‘’Enquête’’ diffusés
dernièrement. Si on analyse le moindrement la situation qui prévaut
dans la production de la viande, il y a là un illogisme flagrant entre ce que
les gens désirent et ce qui est sur le marché.
Les
consommateurs sont de plus en plus préoccupés par leur alimentation. Ils
veulent des légumes, des céréales, des légumineuses cultivés sans pesticides,
sans engrais chimiques, sans OGM parce qu’ils sont conscients du lien
entre l’alimentation et la santé. Par contre, lorsqu’il s’agit de
la consommation animale, les comportements d’achat et de consommation
sont surprenants. Combien de gens se soucient de savoir comment est
produite et ce que contient la viande qu’ils achètent.
Il
serait bon de se questionner davantage sur les méthodes de produire et de
regarder de plus près ce que l’on avale avec notre steak. Est-ce bien
moralement acceptable de se nourrir d’animaux qui sont maintenus dans des
conditions d’élevage intensif effrayantes, mutilés de diverses manières sans
produit antidouleur et traités comme des objets? Est-ce sain de manger de
la viande qui contient certainement une panoplie de résidus de médicaments
vétérinaires: hormones, vaccins, antibiotiques et tranquillisants? Notre
conscience d’humain et notre désir d’une bonne alimentation nous amènent à
rejeter ces pratiques actuelles.
Les
lois actuelles manquent de rigueur mais aussi pauvres qu’elles soient, doivent être respectées et des sanctions
doivent s’appliquer lors de non-conformité. Comme on a pu le constater
dans les reportages plusieurs actes criminels sont commis en toute impunité.
Tenant compte que le projet de loi C-10, relatif à la cruauté
envers les animaux, qui avait pour but la modernisation du Code
Criminel a été bloqué au Sénat après être passé aux Communes, on constate
qu’il est difficile de faire changer la loi. Pour faire bouger les
politiciens, les responsables des organismes fédéraux et provinciaux et les
législateurs, il n’y a pas de solutions miracles. On dit qu’acheter,
c’est voter. Pour influencer les décisions des décideurs, il
faudrait changer nos habitudes alimentaires : remplacer
régulièrement les protéines animales de nos repas par des protéines végétales
et consommer la viande
avec modération. Par exemple, si on remplaçait les portions démesurées
de viande par des portions normales de 75g ou 2 ½ oz (Guide alimentaire
Canadien), on pourrait se permettre avec le même montant d’argent,
d’acheter de la viande certifiée biologique. Avec cette
certification, on serait assuré de consommer des animaux élevés
dans le respect et sans utilisation de produits chimiques de toutes sortes.
En tant que consommateur, ce serait une
bonne façon de faire pression sur les dirigeants, les producteurs et les
transformateurs, mais pour que les choses changent vraiment, il faut
une volonté politique et un consensus de tous les intervenants.
Les mentalités évoluent lentement,
la souffrance animale est de plus en plus dénoncée et les préoccupations des
consommateurs vont vers une alimentation saine. Qu’attendons-nous pour
faire les choses correctement ? Se poser des questions est le premier pas vers la
connaissance.
Auteure: Micheline Bolduc
Envoyer cet article Dernière mise à jour: 03-03-2008 17:44
Commentaires utilisateurs (2)
|
|
|